Panneau 7 - Quirninus et le Alte Bärri
Fàlle àm Quirinus d’Flocke, Werd sich de Hopfe guet bestocke
S’il tombe des flocons à la Saint Quirin, le houblon fera de bonnes pousses
La maison du n°12 rue Kobler a pour Hofnàme, ‘s Keres.
Pour certain l’origine est discutable, mais il viendrait des écrouelles, une maladie d’origine tuberculeuse ou Kehreweh en alsacien. Son autre nom est Quirnius Weh ou mal de Saint Quirin. Et Dingsheim à un lien fort avec Saint Quirin !Tribun romain Saint Quirin, est mort en martyr au IIe siècle, après sa conversion à la foi catholique et son baptême par le Pape Alexandre Ier. Sa mise à mort est violente ; on lui arrache la langue, on lui casse les os à coups de bâton et on le torture avec les flammes d’une torche. Ses bourreaux lui coupent ensuite les mains, les pieds, et lui tranchent la tête. Le corps est abandonné sur la voie publique.
Le Pape Léon IX, originaire d’Alsace, autorise le transfert de plusieurs de ses reliques dans différentes églises de sa région natale.
Dans l’église de Dingsheim, un reliquaire contient un petit morceau d’os du saint, qui a été l’objet d’un important pèlerinage par le passé, à la date du 30 avril.
On l’invoquait pour la guérison des écrouelles ainsi que pour les maladies du bétail. Il est aussi prié pour la guérison, notamment celle des abcès et des « clous », des rhumatismes et on implore sa protection contre la peste.
Dans la maison devant nous vécut Quirinus Quirin. Né vers 1655 et mort en 1721, il a épousé Catherine Schott (1654-1721).
En 1690, une grande vague de fièvre aphteuse ravage les troupeaux des Dingsheimois dont celui du chef de la communauté, le Schultheiss Quirinus Quirin. Ne sachant plus quoi faire pour stopper les ravages, le prévôt promet de faire construire une chapelle au pied de la colline du Alte Bàrri, à côté du Stadtweg, le chemin que l’on empreinte pour aller à Strasbourg, si la maladie cesse de faire des ravages.
Intervention divine ou évolution naturelle de la maladie ? On ne le sut jamais, mais le bétail fut sauvé. Le Schultheiss fit alors construire la chapelle et elle fut bien évidemment dédiée à Saint Quirin. On y plaça également une image de la Vierge.
Cette chapelle attira de nombreux fidèles des villages environnants et de Strasbourg. Elle fut donc agrandie à deux reprises et placée sous la garde d’un ermite (plusieurs frères s’y succédèrent) qui se fit construire une petite maisonnette à proximité.
Quand disparut-elle ? Il est admis qu’elle exista au moins jusqu’en 1815 ; année de la chute de Napoléon. Avec la coalition de grandes nations européennes contre lui, Strasbourg subit un blocus par une unité de la Badische Garde, faisant partie des troupes autrichiennes. Elles stationnent sur la colline de Hausbergen. Un officier dessina le paysage qu’il avait sous les yeux, dont la chapelle.
Une autre source mentionne la date de 1793. Alors qu’une dernière messe est dite, un traître ouvre la porte et reste planté devant jusqu’à ce que la messe fût achevée. Une fois la messe finie et les curés partis, la chapelle fut rasée et la maison détruite par les révolutionnaires.
Quelques décennies plus tard, en octobre 1844, les époux Valentin Braun et Colette Saettler, laboureurs aisés de Dingsheim, firent ériger un calvaire en souvenir de l’ancien ermitage.
Au mois d’avril 1945, deux chars venus de Strasbourg et passant par le Langheimerweg s’arrêtent en face du Alte Bàrri et firent feu sur la colline. Exercice de tir dira-t-on plus tard, de la part de l’armée française… Les gens du village ont prétendu que les chars étaient américains. S’il n’y a pas eu d’accident majeur, le calvaire fut touché et grandement endommagé.
Le 12 mars 1946, le curé Henck, adresse une lettre au commandant de la subdivision de Strasbourg pour demander réparation aux dommages. Il dut revenir plusieurs fois à la charge. Le conseil de fabrique fit reconstruire le calvaire pour 82 000 Fr ; le gouverneur militaire consentit à verser 48 220 Frs. Ce sont les dons des paroissiens qui comblèrent le déficit. La croix est bénie le 25 avril 1948.
Légendes des photos
- Saint Quirin par Carola Sorg, 1866, autel latéral sud de l’église de Dingsheim.
- Reliquaire de Saint Quirin, église de Dingsheim.
- Calvaire du Alte Bàrri, érigé en 1844 et restauré après la 1945.
- Dessin d’un officier de la Badische Garde montrant la chapelle en 1815.
- Bénédiction du calvaire en 1948.